16.12.2009
Une «aumône»
Ce mercredi, après de longues et âpres négociations, syndicats et employeurs du secteur de la restauration signent un accord social, qui prévoit notamment l’octroi de revalorisations salariales. Mais avant même qu’il soit mis en œuvre, cet accord est contesté, tant chez les employeurs que parmi les syndicats. Ainsi, entendu hier sur une radio, un représentant syndical ne décolérait pas. Il avait fait ses calculs. Et prenait un exemple concret. A l’en croire, pour un jeune employé de base qui débute chez McDo, cette revalorisation salariale représentera une hausse… «de 2 centimes d’euro de l’heure». 2 centimes d'euro. Montant qu’il comparait au chiffre d’affaires réalisé chaque année en France par la société de restauration rapide: 3,3 milliards d’euros, aux dernières nouvelles. Le syndicaliste en déduisait que, dans les faits, cette revalorisation salariale promise aux travailleurs du secteur de la restauration, bien souvent, ne relèverait que de l'«aumône».
On aurait aimé entendre la direction de McDo France s’exprimer sur la chose, et plus globalement nous en dire un peu plus sur les grilles de salaires appliquées dans cette entreprise, par exemple pour les jeunes. Hier, toutefois, la société n’a pas souhaité communiquer sur ces sujets – ce qui est parfaitement son droit.
Sinon, dans le même registre du contraste, disons, saisissant, on est servi en ce moment dans le métro de Paris.
A l’occasion des fêtes de fin d’année, un grand joaillier horloger de la Place Vendôme y fait une grosse campagne de pub pour ses bijoux. «Gueule d’amour», «Tu es le sel de ma vie», «Perle caviar mon amour», «Couleur baiser», «Fou de toi» ou «Tu es mon soleil»: ce sont les noms de quelques-unes de ses créations. On ne peut pas passer à côté de cette campagne publicitaire, qui s’affiche dans tout le réseau de la RATP. Le contraste? Par ces temps de grands froids, les mêmes stations de métro où sont placardées ces affiches en 3 mètres par 4 sont, à longueur de journées et de soirées, envahies par des cohortes de SDF, qui n’en peuvent plus du temps glacial régnant dans les rues. Du coup, en ce moment à Paris, on voit souvent des miséreux faire l’aumône, installés avec tout leur barda sous d’immenses photos... de mains et de cous parés magnifiquement, et à grand prix, d’or, de quartz, de topaze, d’améthyste ou de diamant.
11:25 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : economie, social, pauvreté, publicité, paris




Commentaires
Savez-vous que de surcroît les employés de Mac DO sont obligés - avec le froid qui règne sur Paris - de bosser en manches courtes (Tshirt Mac Do) dans les courants d'air qui règne dans ce type d'endroits?
8,88 de l'heure passe donc à 8,9O euros?????
Grandiose!
Mais pas de polaire, ni de veste pour les employés!
On peut même leur demander de rentrer dans les frigos sans avoir la possibilité de se couvrir ou d'aller balayer à l'extéieur en cette "petite tenue"....
Venez comme vous êtes dit leur pub!
Crevez de froid! Ca c'est pour les employés.
Quant à l'été ... si la clim tombe en panne ... c'est du 40% assuré....
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Par ailleurs ... pub luxe Hediard à vomir ... sur les écrans TV nationaux!
La France des 2 mondes!
Ecrit par : Alice75 | 20.12.2009
je confirme
je passe de temps en temps chez Macdo des champs (bouffer vite fait) et ai été écoeurée la semaine passée de voir ces jeunes sans pull, Tshirt manches courtes en synthétique.... Dehors ca glaçait, des courants d'air m'ont chassés vers l'étage...
J'avais un manteau (mouton retourné) sur le dos.... les jeunes eux ils bossaient .
Juste ceux du démarrage (un truc nommé café qqchose) avaient des pulls, les autres RIEN!!!!!!). Je trouve ca inadmissible! Le personnel doit être "protégé" par ces froids.
Cet été j'ai vu des secours intervenir (dans le même macdo des champs, le grand) : il faisait au moins 40° à l'étage, sans clim....
Moi, je suis partie au plus vite mais les employés eux .... ils devaient rester et supporter.
Ecrit par : Alice | 21.12.2009
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