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10.12.2009

Une «capitale écolo»

Cocorico: «Paris, deuxième capitale écolo en Europe», a-t-on lu, vu et entendu un peu partout dans les médias, hier. On est un peu tombé des nues en découvrant cela. En tant qu’usager lambda de l’espace parisien qui, chaque fois qu’il passe place de la République à l’heure de sortie des bureaux, suffoque à cause de la pollution des bagnoles. Usager qui trouve que d’année en année, la propreté générale des rues ne s’améliore pas vraiment. Qui peste contre le niveau sonore souvent assourdissant régnant dans cette capitale. Qui, habitant un onzième arrondissement sympa certes, mais très densément construit, regrette d’y trouver si peu d’espaces verts. Mais, bon, ce constat d’un Paris si écolo émanant d’une étude européenne en provenance directe du sommet de Copenhague, on est sans doute prié de le croire. Cocorico, donc: parmi 30 villes de 30 pays européens analysées pour leur «durabilité environnementale», Paris figure dans le top 10 et devance des capitales rivales comme Londres, Madrid ou Rome.

 

Toutes catégories confondues, Paris se classe dixième de ce classement européen. Ses performances environnementales «sont particulièrement remarquables en matière d’émissions de dioxyde de carbone, de bâtiments, de qualité de l’eau et de politique environnementale. En revanche, Paris obtient des scores plus en retrait dans les domaines de l'énergie et du transport». Question énergie, la Ville lumière «affiche une faible proportion d’énergies renouvelables dans le réseau d’approvisionnement en énergie, et une consommation par habitant supérieure à la moyenne. Cela est dû en partie aux tarifs compétitifs de l’électricité, qui est 40 % moins chère qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni, incitant à une consommation plus importante». Point de vue transports, «Paris arrive en dix-neuvième position, principalement en raison de son faible score en matière d’utilisation des moyens de transport autres que la voiture, malgré les 40% de personnes qui empruntent les transports en commun pour se rendre au travail». La principale raison de cette contre-performance? «Malgré l’existence d’un vaste réseau de pistes cyclables, seuls 2 % des personnes se déplacent à pied ou en vélo pour se rendre à leur travail, loin derrière la moyenne de 20,9 %». Mais l’étude a été conclue avant le succès foudroyant de Vélib’.

 

Globalement flatteuse pour Paris, cette enquête, cela dit, identifie bien un problème environnemental particulier qui s'y pose. Un problème qui est très perceptible par les habitants dans leur vie quotidienne. Et qui, à leurs yeux, occulte sans doute la performance écologique honorable de leur ville – à supposer que le Parisien moyen partage notre vécu des choses, ce qu’il serait présomptueux de présumer d'emblée. Ce problème, c’est la qualité de l’air. Pour ce critère, Paris ne se classe qu’à la treizième position. Car «ses niveaux de pollution de l’air restent supérieurs à certaines réglementations nationales et européennes». Car «les émissions de dioxyde d’azote sont élevées, ce qui classe la capitale à la vingtième place» seulement. Et car «les émissions quotidiennes moyennes de particules et de dioxyde de soufre atteignent également un niveau élevé».

 

C’est bien ce qu’on croyait avoir (res)senti.

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