09.02.2010
Un détachement
Un fait divers atroce dont s’emparent les médias. Une victime ou sa famille reçues dans les plus brefs délais à l’Elysée. Un entretien compassionnel et médiatisé avec le Président et ses conseillers. Puis l’annonce d’une loi ou d’une énième modification du Code pénal pour, assure-t-on, résoudre les problèmes sociétaux mis en avant par ce fait divers. C’est, en gros, ce qui est reproché continuellement par l’opposition et les associations à la majorité. Majorité qui, en ce qui concerne sa politique sécuritaire, sur-réagirait exagérément à l’actualité. Accumulerait les lois de circonstance sans recul ni vision de fond et sans se donner les moyens. Bref, gérerait l’agenda législatif en fonction de l’émoi médiatique du moment. On va à nouveau n’entendre que cette critique à partir de ce mardi. Jour où débute au Parlement le débat sur le dernier renforcement en date de l’arsenal répressif (couvre-feu pour les mineurs, durcissement des peines frappant les agresseurs de personnes âgées, etc.).
Non, vraiment, ce reproche fait à Nicolas Sarkozy est totalement infondé. Il relève de la mauvaise foi la plus crasse. En effet, il est des faits divers atroces vis-à-vis desquels les autorités montrent le plus parfait détachement. On en a encore eu l’illustration cette semaine, en banlieue de Paris.
On l’a appris hier matin. Cela s’est passé la veille près d’Orly. Un petit garçon âgé de trois ans, prénommé Stephan, est mort à la suite de l’incendie qui a ravagé plusieurs cabanons de fortune du campement de Roms insalubre où lui et sa famille croupissaient depuis plus d’un an. Sa petite soeur, Francesca, grièvement brûlée au visage, lutte en ce moment contre la mort aux urgences de l'hôpital Trousseau. Les parents des deux enfants sont également hospitalisés. En mai dernier déjà (relire ici), toujours en banlieue de Paris (c’était alors à Bobigny), un enfant Rom âgé de dix ans avait perdu la vie, lui aussi dans un incendie. Les flammes avaient ravagé le hangar pouilleux où une centaine de gens du voyage s’étaient réfugiés après avoir été expulsés de toutes parts par les municipalités environnantes. Dans un communiqué hier, le collectif Romeurope s’est ému de «l'horreur qui s'est installée, et un chagrin immense», dans la communauté des gens du voyage. Et s’est demandé «comment, malgré ces drames réguliers, les pouvoirs publics continuent d'expulser ces familles sans les reloger, les maintenant dans une précarité dangereuse et indigne».
En quelques mois, deux enfants morts carbonisés dans des bidonvilles situés aux portes de Paris. Voilà bien des faits divers atroces. Pour autant, les proches de ces gosses ont-ils été reçus à l’Elysée? Non. Au plus haut niveau de l’Etat, a-t-on envisagé de tancer les communes ne respectant pas leur obligation de mettre des aires d’accueil dignes et sécurisées à disposition des gens du voyage? Non. La mort de ces deux enfants a-t-elle entraîné une modification en urgence du Code pénal ou des lois relatives au mal-logement? Non. Par rapport à cette actualité-ci, en tout cas, les autorités prennent manifestement beaucoup de recul avant de communiquer et de réagir. Alors, franchement, de quoi se plaint-on?
PS: Quelques heures après la rédaction de cette note, tombe une dépêche: Mort d'un second enfant après l'incendie d'un camp rom à Orly PARIS (AP) 15:20 Une fillette d'un an grièvement brûlée dimanche dans l'incendie d'une caravane dans un camp de Roms à Orly (Val-de-Marne) est décédée mardi matin à l'hôpital, a-t-on appris de sources policière et judiciaire. Son frère de trois ans avait pour sa part péri peu après le drame.
On attend toujours la réaction de l'Elysée.
11:15 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pauvreté, justice, police, sarkozy
08.02.2010
Un anonymat
Veiller au «respect du droit d'aller et de venir librement et anonymement» dans les transports publics de Paris. On en avait déjà parlé dans ce blog (relire ici). Lorsque, à la mi-2008, la généralisation du pass «Navigo» avait fait craindre à certaines associations d’usagers que se mette en place le «traçage systématique» de leurs déplacements. Cet abonnement, en effet, contient une puce électronique qui permet de savoir quel pass a été validé dans quelle station de métro, quel jour et à quelle heure. Le «gendarme de l’informatique» en France, la CNIL, vient de revenir sur le sujet. Et, dans son avis, il sermonne (un peu) les sociétés de transports.
Et pour cause. Un testing a été effectué par la CNIL pour savoir dans quelles conditions les usagers avaient accès au «Navigo Découverte»: la version du pass qui, elle, est anonyme et qui ne permet donc pas le traçage de ses détenteurs. En 2008, en effet, un testing similaire avait «démontré que les modalités d'information et d'obtention (de ce pass) étaient médiocres, et donc dissuasives». Depuis, les choses se sont un peu améliorées. Ainsi, dans tous les points de vente et d'information de la RATP testés par la CNIL, cet abonnement anonymisé était disponible. «C’est un progrès», se réjouit-elle. Mais «si la diffusion de ces pass s'est améliorée, ils restent peu attractifs pour le plus grand nombre, en raison de la politique commerciale choisie». Car ces abonnements, contrairement à la Navigo classique, ne permettent pas de bénéficier des tarifs réduits ou sociaux. Ils ne peuvent pas non plus être remplacés gratuitement en cas de perte ou de vol. «Le discours commercial tend à dissuader les usagers d'opter pour ce pass anonyme», déplore l’autorité de contrôle. Qui demande donc aux sociétés de transport parisiennes de faire encore un effort en la matière.
La RATP a toujours démenti procéder, à l’aide de ces pass Navigo, au «flicage» de ses clients. Elle s’est même engagée à rester «très vigilante sur ce sujet». L’enregistrement des trajets des voyageurs, assure-t-elle, est anonymisé et sert uniquement «à réaliser des statistiques de trafic».
Des statistiques, donc. Elles doivent être bigrement importantes, pour que la RATP rechigne à ce point à faire bénéficier de l’anonymat ses voyageurs opposés à ce que leurs déplacements quotidiens soient tracés.
10:41 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : métro, transports, technologie, paris
05.02.2010
Un concours
Un peu de culture, et en l’occurrence de langue française, pour bien terminer la semaine. C’est la dernière initiative linguistique en date du gouvernement. Elle traite d'un sujet qui ne fait sans doute pas partie des priorités majeures des Français en ce moment, mais enfin, bon, relayons.
Le secrétariat d’Etat à la Francophonie a lancé un concours destiné à récompenser les cinq meilleures traductions françaises qui seront proposées aux mots anglais suivants: chat, talk, tuning, buzz et newsletter. Justification du quai d’Orsay, via son porte-parole cette semaine: «Le Français est, avec l'Anglais, la seule langue parlée sur les cinq continents. Cette universalité est un gage de dynamisme et de vivacité. Il est donc essentiel que les centaines de milliers de locuteurs français puissent nourrir le grand laboratoire francophone de leurs innovations linguistiques».
Pourquoi pas. Encore que, au-delà de la dimension symbolique de la chose, l’utilité pratique, concrète et quotidienne de la traduction des anglicismes en français n’est pas flagrante. Ce n’est pas parce que la France a (joliment) rebaptisé les spams en pourriels que les messageries électroniques de ses citoyens sont moins envahies par les messages indésirables.
Surtout, si le gouvernement français trouve utile la chasse aux anglicismes, pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Il aurait pu s’attaquer à une kyrielle d’autres anglicismes que les seuls cinq mots sélectionnés. Dans «Le Monde» d’hier soir, le chroniqueur Robert Solé résumait cela à merveille. «La jeunesse de France saura-t-elle relever ce challenge? Mieux vaut se réunir à quelques-uns pour former un petit think thank, en spamant les mots inadéquats. On établira ensuite une short list, de laquelle émergera naturellement the word. Il faudra l'e-mailer de manière concise (un twitt suffira) aux e-responsables du site indiqué (consulter la homepage) qui la forwarderont au e-jury. Nous comptons, bien sûr, sur celui-ci pour nous donner un feed-back de l'opération. Laquelle, on l'aura compris, n'a d'autre but que de booster le vocabulaire et d'upgrader la langue de Molière».
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04.02.2010
Une accélération
Ce sera le projet urbanistique de la décennie, à Paris: le réaménagement du Forum des Halles – si vous avez raté des épisodes et voulez voir le projet, c’est ici. Le chantier, pharaonique (760 millions d’euros, dont 500 à charge de la Ville), ne sera achevé qu'en 2016. Mais, dorénavant, on décompte les jours avant son démarrage, prévu dès ce mois de mars. Ces dernières semaines, les choses se sont même accélérées.
Fin janvier, s’est achevée l’enquête publique relative à la nouvelle gare prévue en sous-sol, destinée à remplacer la gare actuelle des Halles – une des plus grandes d’Europe: 800.000 usagers chaque jour. Peu auparavant, la commission d'experts en charge des cinq enquêtes publiques concernées à lui seul par ce projet colossal avait remis un avis globalement favorable à la Préfecture de Paris. Ce jeudi soir, enfin, les autorités tenteront de faire sauter l’un des derniers verrous: l’opposition de riverains (ici, par exemple) au réaménagement du Jardin Lalanne. Depuis près de trente ans, cet espace vert très fréquenté jouxte le Forum. Nombre de gens du quartier y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. Ces derniers mois, ils ont multiplié les manifestations et interpellations d’élus à son sujet. La réunion de ce soir pourrait donc bien être houleuse.
A supposer que le maire Bertrand Delanoë, ses urbanistes et les architectes du projet emportent l’adhésion des riverains, leur restera encore à calmer d’autres riverains mécontents, ou en tout cas assez inquiets: les exploitants des 380 commerces que compte l’actuel Forum. Commerçants qui, eux aussi, l’échéance du début du chantier s’accélérant, commencent un peu à s’agiter.
Et pour cause. A l’origine, il était prévu de procéder graduellement au lifting du centre commercial, de manière à ne pas devoir y fermer la moindre boutique pendant le chantier. Mais les architectes ont fini par découvrir que la structure du Forum devrait être consolidée pour pouvoir accueillir «la Canopée»: le nom donné à l’immense et donc très lourd toit de verre qui, culminant à 14,5 mètres de hauteur, recouvrira la galerie et la gare RER rénovées.
Au minimum, onze des piliers colossaux soutenant le Forum devront être renforcés. Comme ces piliers passent tous dans des magasins – et y compris en plein milieu de la FNAC des Halles, la plus grande de France –, autorités, architectes et techniciens s’avancent moins, désormais, sur la faisabilité de maintenir ouverts tous les commerces du Forum pendant la totalité des travaux.
Les commerçants n’en demandaient pas tant, eux qui craignaient déjà la désertification de la galerie pendant cet interminable chantier, vu les embarras de circulation qu’il ne manquera pas de causer – dans un quartier dont les abords, déjà, ne sont pas rarement embouteillés. A Paris, en tout cas, c’est sûr, on n’a pas fini de parler de cet énorme chantier.
10:59 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, architecture, environnement
03.02.2010
Une ingéniosité
Incroyable, ce dont l’inventivité humaine est capable. En région parisienne, on vient cette semaine d’en avoir une double illustration. Dans le domaine de l’environnement, et plus particulièrement du reyclage et de la réutilisation des déchets.
La première innovation concerne Paris. Et consistera à nettoyer les rues grâce à … de l’huile usagée. Les «laveuses» – ces petits engins verts qui, ici, nettoient l’espace public – rouleront à l’aide d’un carburant constitué d’huiles de friture usagées, récoltées dans les restaurants notamment. En effet, «après décantation et filtration à 1 micron», ces huiles peuvent servir de base à des bio-carburants, moins émetteurs de gaz à effet de serre que les carburants conventionnels. Au début de l’expérimentation , seules une demi-douzaine de «laveuses» seront concernées. Mais à terme, si l’expérience est concluante, seront alimentés de la sorte le demi-millier de véhicules de ce type utilisés à Paris.
La deuxième innovation annoncée cette semaine concerne une commune jouxtant Paris: Levallois. Là, dès la mi-février, on va chauffer la piscine municipale grâce… aux égouts. La chaleur des eaux usées (provenant des douches ou bains, des lave-vaisselle ou lave-linge, etc.) rejetées par les habitants sera récupérée par un savant système de pompes, puis permettra de maintenir à 28 degrés la température du bassin municipal. Ce procédé, baptisé «Degrés bleus», diminuera d’un quart la consommation et donc la facture énergétique de la ville consacrée au chauffage de sa piscine.
Alors, c’est clair, ces deux innovations ne changeront pas fondamentalement la vie des habitants concernés, ni ne résoudront tous les problèmes environnementaux se posant dans ces municipalités. Et elles sont très locales. Mais elles sont exemplatives d’une démarche ingénieuse qu’à l’avenir, de plus en plus de villes et de communes, en France comme ailleurs, pourraient ou auraient intérêt à adopter.
10:54 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : environnement, propreté, paris, banlieues
02.02.2010
Un enfer
Puisqu’on parlait d’aviation hier – mais, cette fois , dans un registre bien plus tragique – : ce matin, s’ouvre le procès du crash du Concorde. Sur les lieux du drame, à Gonesse (banlieue parisienne), les cicatrices ne se sont pas encore refermées.
Témoin, l’émoi qui, la semaine dernière, a saisi des familles des 113 victimes de la catastrophe, alors qu’était mis aux enchères le terrain où se trouvait l’hôtel sur lequel, en juillet 2000, s’était écrasé le Concorde. La mise à prix du site avait été fixée à 100.000 euros. Les victimes du drame ne décolèraient pas, elles qui veulent la sanctuarisation de ce lieu où a été érigée une stèle commémorative. Sans doute donc se sont-elles satisfaites de l’échec de cette vente aux enchères. Aucun repreneur n’a pu être trouvé pour ce terrain, car aucun candidat-acquéreur ne s’est déclaré.
L’échec de cette vente n'est-il que purement fortuit et passager? Dû à la coïncidence avec l'actualité judiciaire de ce matin? Ou, au contraire, la tragique destinée de ce lopin de terre de la banlieue parisienne empêchera-t-elle à jamais sa reconversion? Un jour, et si oui dans combien de temps, une entreprise, un commerce, un promoteur immobilier ou un particulier rebâtira-t-il sur ce site sinistré? Le cas échéant, serait-ce, pour ce quartier, pour ce pays, pour le monde de l'aéronautique, utilement tourner la page, de manière à pouvoir aller de l’avant? Ou, à l’inverse, ce site doit-il rester vierge à jamais, car le réaffecter serait oublier et donc souiller le passé?
Un détail encore, entendu ce matin au saut du lit, sur une radio. Un détail qui dit peut-être bien l’enfer que fut le 25 juillet 2000 à cet endroit. Cela concerne toujours le site de Gonesse où le supersonique s’est écrasé. Le brasier fut d’une telle intensité que, sur des parcelles entières, près de dix ans plus tard, l’herbe n’a pas encore repoussé.
10:41 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : justice, transports, banlieues
01.02.2010
Un (sur)poids
En ce premier jour de février, devait normalement entrer en vigueur la pénalité financière imaginée par Air France pour ses passagers en surpoids. Pour l'achat à partir de ce lundi d'un billet pour un vol effectué à partir du 1er avril 2010, un voyageur incapable, vu son obésité, de s'asseoir dans un seul siège, payerait, s’il voyage dans un avion rempli, en plus du prix complet pour le premier siège occupé, 75 % du prix d'un second siège, soit son prix total excepté les taxes et surcharges. L’annonce de cette innovation de poids, c’est le cas de le dire, avait créé un tel émoi que la compagnie aérienne française avait dû se corriger. Elle avait soutenu n’avoir jamais eu l’idée d’obliger «les passagers à forte corpulence», comme elle dit, de payer un second siège. Au contraire, avait-elle assuré, «la seule nouveauté que la compagnie propose à compter du 1er février est, en cabine économique, si celle-ci n’est pas complète, le remboursement du second siège que le passager à forte corpulence aurait choisi d’acheter».
«Aurait choisi d’acheter», donc. Aurait pu acheter, aurait dû acheter? Et quid si la cabine est complète? Dès la formulation même du communiqué d’Air France, les choses restent assez obscures. Et, dans cette affaire, la compagnie peut difficilement affirmer avoir été victime d’un procès d’intention. En effet, avant que la polémique éclate, son site internet avertissait clairement les passagers dont le tour de taille est supérieur à 135 cm qu'ils avaient obligation de réserver un second siège. Ajoutant noir sur blanc que «si le vol est complet et que vous n´avez pas réservé de second siège, l´accès à bord pourra vous être refusé, pour des raisons de sécurité, si votre corpulence ne vous permet pas de vous asseoir sur un seul siège». Quand la polémique avait éclaté, Air France avait discrètement et rapidement effacé cet avertissement de son site.
En tout cas, si la compagnie nationale française, visiblement toujours à la recherche du moindre euro de gagné, souhaite tirer profit des passagers un peu différents des autres, quitte au passage à les stigmatiser et discriminer, on peut lui proposer de faire payer davantage, à l'avenir, les femmes enceintes, les petits vieux affublés de béquilles ou de cannes prenant trop de place, ou les passagers incontinents utilisant davantage les toilettes de l'avion que les autres. A l’inverse, les passagers anorexiques seraient théoriquement en droit de lui réclamer de payer moins cher, puisqu’ils ne touchent pas à leur plateau repas.
En matière de lutte contre l’obésité, en tout cas, aux velléités punitives d’Air France, on trouve plus sympathique l’initiative préventive lancée ce même jour par la mairie de Paris. Il s’agit d’une vaste campagne de sensibilisation à l’obésité infantile, émaillée d’actions concrètes comme la distribution de fruits dans les écoles. Une campagne qui, du reste, n’est pas un luxe: dans la capitale française, un enfant sur six est considéré comme étant en surpoids.
12:48 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : obésité, transports, santé
29.01.2010
Une Histoire
Dominique de Villepin plus fort que Marie-Antoinette? Comme l’a malicieusement rappelé l’AFP hier, l’ancien Premier ministre, poursuivi dans l’«affaire Clearstream», a été jugé cet automne, et finalement relaxé jeudi, dans la même salle du Palais de Justice de Paris où, le 16 octobre 1793, Marie-Antoinette avait été condamnée à mort par un tribunal révolutionnaire. On ne sait si, hier, au moment d’entendre le tribunal le relaxer, le flamboyant et féru d’Histoire Dominique de Villepin a eu une pensée pour l’infortunée, se disant que, finalement, il avait au moins eu plus de chance qu’elle. La guillotine, il est vrai, n’existe plus en France. Reste à voir si la pendaison à un croc de boucher, que Nicolas Sarkozy avait promise à son grand rival, est un supplice plus enviable.
Le parquet, ce matin, a donc décidé de faire appel de la relaxe de Dominique de Villepin. Qui hurle à l’«acharnement». Ses partisans voient le fait du Prince dans cet appel du parquet. Et, un peu exaltés en ce moment, ne sont pas loin de prophétiser que le peuple parisien et au-delà y réagira comme il se doit: en rejoignant massivement les troupes du bataillon villepiniste en révolte contre les mœurs de Cour qu’ils prêtent aux sarkozystes.
C’est peut-être le moment de rappeler une autre anecdote historique relative au Palais de Justice de Paris, alors qu’il était dénommé Palais du Roi. C’était le 22 février 1358. Comme le raconte le Guide Vert, «les émeutiers parisiens, sous la conduite d’Etienne Marcel, pénètrent dans la chambre du dauphin Charles – le futur Charles V – qui gère le royaume en l’absence de son père, Jean le Bon, captif en Angleterre. Les conseillers du prince sont égorgés sous ses yeux et l’éclaboussent de leur sang, tandis que le prévôt le coiffe du chaperon rouge et bleu, aux couleurs de Paris. Redevenu maître de la situation, Charles V quitte le le palais, qui lui rappelle de trop mauvais souvenirs, et lui préfère désormais le Louvre, l’hôtel St-Paul ou Vincennes».
Ce matin à la radio, six siècles et quelque après ce départ de Charles V du Palais de Justice de Paris, Dominique de Villepin mettait le chef de l'Etat au défi de se rendre en personne à ce même Palais, lors du procès en appel. Pour s’expliquer lui-même à la barre, les yeux dans les yeux de son rival, sur les «mensonges» qui auraient été les siens dans l’affaire Clearstream.
Si d’aventure une telle confrontation avait lieu, le chef de l’Etat verrait-il ses conseillers – les Xavier Bertrand, Frédéric Lefèbvre et autres Henri Guaino – égorgés illico sous ses yeux par des émeutiers parisiens, leur sang l’éclaboussant? Par sûr qu’en tous ces siècles, le débat français ait fondamentalement perdu en sauvagerie – verbale, en tout cas.
11:18 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, justice, sarkozy, villepin, paris
28.01.2010
Une «aumône» (suite)
Puisqu’on parlait de (mal-)bouffe dans ce blog hier, cela chauffe à Paris en ce moment dans le secteur de la restauration rapide. Depuis plusieurs jours, une série de restos parisiens de l’enseigne Kentucky Fried Chicken sont perturbés par un mouvement de grève. Les grévistes réclament un treizième mois (qui existe peu dans le secteur de la restauration rapide), des tickets restaurant et une prime d’ancienneté. Ils appellent les Parisiens à boycotter cette enseigne, en signe de solidarité avec leurs revendications. Les directions des restos touchés par le mouvement ont fait appel à des salariés du siège central pour remplacer le personnel manquant. La multinationale américaine accepte tout au plus l’octroi d’une prime qualifiée d’«aumône» par un gréviste vu l’autre jour à la télé, à l’édition locale du JT de France 3. Une «aumône»? Une augmentation de 6 euros par mois, précisément. Soit, au passage, sans doute même pas le prix du menu le moins cher proposé chez KFC.
En entendant ce terme d’«aumône», on s’est souvenu que c’était celui qu’avaient utilisé déjà, il y a un bon mois (relire ici), les syndicats déçus par l’accord salarial qui, dans la foulée de la réduction du taux de TVA dans la restauration, venait d’être signé concernant les fast-food. A l’époque, avaient-ils calculé, cet accord revenait à octroyer une augmentation horaire de… 2 centimes d’euro aux jeunes employés de base débutant dans des enseignes comme McDo.
Précisément, un mois plus tard, a-t-on appris cette semaine, cet accord salarial pourtant pas mirobolant n’est… toujours pas entré en vigueur chez McDo, Pizza Hut ou Quick – qui emploient quelque 100.000 personnes en France.
Ces enseignes argumentent à présent qu’ils n’ont que peu bénéficié des effets financiers positifs attendus de la baisse de la TVA. Car une bonne partie de leurs recettes provient des ventes de repas à emporter (et non à consommer sur place), ventes qui, avant même la réforme, bénéficiaient déjà de la TVA réduite. Aux dernières nouvelles, la discussion entre employeurs et syndicats reprendra en février.
KFC, McDo, Pizza Hut ou Quick: les Parisiens amateurs de fast-food mais désireux de boycotter ces enseignes en signe de désapprobation de leurs pratiques sociales risquent de commencer à avoir quelques problèmes pour trouver un endroit où se restaurer dans la capitale.
10:44 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, social, paris, gastronomie
27.01.2010
Une alimentation
On pouvait difficilement faire l’impasse sur cette étude publiée hier, alors que, dans ce blog, on adore notamment décortiquer les comportements alimentaires des Français. L’enquête émane de l’institut qui est chargé de la prévention et de l’éducation pour la santé (l’Inpes). Elle révèle que les Français mangent mieux. Plus de fruits et de légumes, moins de matières grasses. La consommation de sel et de boissons alcoolisées a également diminué. Et le grignotage régresse. En 2008, plus de trois-quarts des Français ont déclaré manger de façon équilibrée, une proportion en augmentation par rapport à 1996. Quelques points noirs, toutefois, subsistent : la consommation de boissons sucrées (trop élevée en particulier chez les jeunes) et de plats préparés (généralement exagérément gras et/ou salés).
Moins nouveau mais confirmé par cette étude: le fait que le budget du consommateur influe beaucoup sur la qualité de son alimentation. Ainsi, le prix des fruits et des légumes (cité par quatre personnes intérrogées sur dix) constitue le principal obstacle à une consommation plus régulière de ces produits.
C’est l’occasion de ressortir les conclusions d’un colloque qui s’était tenu à Paris l’été dernier, et dont on n’avait pas encore eu l'occasion de parler ici. Il était consacré aux habitudes alimentaires en région parisienne, qui, comme chacun sait, est la région la plus riche du pays. Et ces habitudes parisiennes montrent à nouveau l’importance du facteur économique dans les choix alimentaires.
En effet, d’après les chercheurs, on mangerait plus équilibré dans la capitale que dans le reste du pays. Les Parisiens achèteraient plus de légumes, de fruits et des poissons que les habitants des autres régions, où l’on consommerait davantage de charcuterie. Les enfants parisiens se nourriraient plus de végétaux et de laitages frais que les petits provinciaux. Qui, eux, avaleraient plus de produits sucrés, charcutiers et d’entremets. Les Parisiens passeraient proportionnellement plus de temps à cuisiner qu’en province, et mangeraient davantage bio. Conclusion d’une responsable du Centre de recherche pour l’étude des conditions de vie (Credoc): «On imagine que les urbains pressés négligent leur alimentation, déstructurent leurs repas. En fait, il n’en est rien. Ils sont sensibilisés par les messages de prévention sur l’obésité et la qualité de l’alimentation et, malgré leurs contraintes, achètent des produits sains et prennent du temps pour faire leur repas».
C’est donc aussi parce que ces urbains parisiens ont les moyens financiers pour ce faire. Nous, en tout cas, en tant que Parisien pathétiquement cliché car perpétuellement pressé, c’est d’un peu plus de temps dont on aurait bien besoin pour (encore) mieux manger.
11:00 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gastronomie, art de vivre, economie, paris
26.01.2010
Un réaménagement
Bertrand Delanoë sur les traces du baron Haussmann. En ce début d’année, est tombée une décision qui était très attendue dans notre quartier et y avait fait l’objet de débats passionnés. Elle concerne l’avenir d’une réalisation majeure, dans les années 1850, de l’urbaniste de Napoléon III, que le maire de Paris souhaite à présent remodeler: la place de la République – «Répu», comme les Parisiens surnomment affectueusement cet endroit. On est désormais fixé. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il va y avoir du changement aux pieds de la fameuse statue aux trois si belles allégories représentant la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.
Cette place a une superficie de 3,5 hectares, ce qui en fait une des plus vastes de la capitale. Populaire, elle n’en a pas moins un certain cachet architectural vu la qualité de nombre d’édifices qui l’entourent. Mais elle pourrait mieux fonctionner. L’espace vert et la fontaine situés en son centre pourraient être plus soignés. Et les Parisiens, d’habitude, n’aiment guère la traverser vu le flux permanent de véhicules qui tournent autour de cet immense rond-point – où, aux heures de pointe, l’on compte paraît-il plus de 2500 véhicules à l’heure.
Précisément, le pari du projet urbanistique qui a été retenu par la mairie en ce début d’année consiste à remplacer cet anneau de circulation par un seul grand axe à double-sens, qui, sur un de ses côtés, serait flanqué par une vaste esplanade. Le périmètre dédié au piéton serait «agrandi de plus de 50%», une voie serait réservée aux vélos, bus et taxis, bref «une reconquête audacieuse de l’espace public» est promise aux Parisiens à l’horizon 2013.
Pourquoi pas. Il y a toutefois une chose, dans ce projet de réaménagement, qu’on ne comprend pas trop. Déjà, dans le schéma actuel de la place, la fluidité du trafic automobile est toute relative. Si demain l’espace public dédié à cette circulation est encore réduit, comment fera-t-on pour éviter que cela se traduise avant tout par davantage d’embouteillages et donc, pour les riverains, par davantage de vacarme et de pollution? A moins que les autorités tablent sur une diminution de la circulation automobile globale à Paris d'ici à 2013 – mais sur quelles bases, une telle prévision? Sauf à penser qu'il s'agirait de forcer cette diminution voulue du trafic en dégoûtant les automobilistes par des aménagements leur compliquant sans cesse la vie. Ce qui, politiquement, pourrait encore se justifier. Mais alors, et c'est un Parisien non-motorisé qui pose la question, ne serait-ce pas plus clair et plus courageux de le reconnaître franchement?
11:15 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, patrimoine, voitures
25.01.2010
Une impression
De retour dans ce blog, après donc une petite pause. Et retour à Paris. On a beau adorer cette ville et pouvoir difficilement imaginer vivre un jour ailleurs, quand on l’a redécouverte ce week-end après quinze jours d’absence, la première impression qu’on en a eue était vraiment mauvaise. Et on n’était manifestement pas le seul dans le cas, à voir la mine effarée tirée par certains des passagers de notre vol qui, à leur descente d’avion à Roissy, faisaient connaissance avec la capitale française après douze heures de voyage et avec neuf heures de décalage horaire dans les pattes.
La désorganisation: première chose qui sautait aux yeux. Une signalétique aéroportuaire très perfectible et peu d’agents pour renseigner des voyageurs complètement perdus dans Roissy. Retrouver son bagage, comprendre le fonctionnement de la navette entre les terminaux de l’aéroport, trouver un taxi, un distributeur de billets acceptant les cartes de banque étrangères ou un plan de la capitale, prendre le RER vers Paris ou un TGV vers le Midi: en matière d’accueil et d’information, la société Aéroports de Paris aurait encore des progrès à faire.
L’agressivité des gens, deuxième impression. Celle des chauffeurs de taxi clandestins – mais comment et pourquoi donc continuent-ils à sévir visiblement en toute impunité à Roissy ? – n’appréciant pas qu’on décline, même poliment, leurs services. Celle des quêteurs au profit de (prétendues?) associations de sourds-muets, qui, panneau multilingue à la main, sollicitent les étrangers dès le hall d’arrivée. Aggressivité du plouc français moyen aussi, qui, sans gêne c’est bien connu, vous bouscule dans la queue pour la douane ou pour la caisse du kiosque à journaux, dans les rames, sur les escalators ou aux portillons du métro, etc.
L’impression de crasse, surtout. De tous côtés, des poubelles débordant de détritus, des cendriers inexistants, des rames, des quais et des couloirs du RER d’une saleté repoussante, des stations de métro transformées en pissotières et en cour des miracles pour SDF – mais n’y a-t-il pas d’autres lieux d’accueil que Paris puisse proposer à ces pauvres gens?
Mauvaise première impression, donc. Quelques heures plus tard, à peine, on rentrait dans le bain parisien. Mais, pour certains étrangers qui découvrent pour la première fois de leur vie la capitale française, c’est plus grave.
Pour preuve, les services psychiatriques de grands hôpitaux de Paris (comme l’Hôtel-Dieu, sur l’île de la Cité) n’accueillent pas rarement des touristes étrangers (japonais, notamment) qui, nerveusement, n’ont pas supporté le choc de cette découverte. Qui ne sont pas parvenus à gérer la conflagration entre deux visions de Paris. D’une part, la vision idéale et fantasmée qu’ils avaient de cette cité avant d’y poser le pied: la «Ville lumière», follement romantique, la capitale mondiale de l’élégance et du bon goût, etc. Et d’autre part, la vision concrète de la ville, plus rude, qu’ils éprouvaient dès leur descente d’avion. Les médecins appellent cela le «syndrome de Paris». Googlelisez cela sur le net, vous trouverez probablement des tas de témoignages là-dessus.
Nous, en tout cas, ça va: on est de retour au bureau, et pas à l’Hôtel-Dieu ;-)
10:51 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : paris, art de vivre, propreté, etrangers, santé
09.01.2010
Une pause
On n'a pas encore eu le temps de prendre des vacances d'hiver, ni de faire une pause depuis la rentrée de septembre. On part donc deux petites semaines en vacances, histoire de recharger un peu les batteries. Et en espérant qu’au retour à Paris, il y fera moins péniblement glacial que ces derniers temps. On se retrouve la dernière semaine de janvier dans ce blog. D’ici là, que tout aille bien pour vous. A bientôt. B.DL.
19:46 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.01.2010
Une prolifération
Paris au ras des pâquerettes du bitume, suite. Ou les à-côtés pas toujours reluisants, et mêmes très triviaux parfois, de la vie quotidienne dans cette Ville lumière réputée si paillettes, romantique et glamour. Ces coulisses de la capitale française que, généralement, les touristes étrangers ignorent – et que les autorités locales se gardent évidemment bien de mettre en avant.
Vous vous souvenez peut-être de cet incident qui, l’automne dernier, s’était produit dans un des restaurants parisiens de la chaîne Pizza Hut, qui avait fait un certain bruit. La préfecture de police avait pris un arrêté de fermeture de ce restaurant, «pour des raisons d’hygiène». Une inspection des services vétérinaires avait constaté «la très forte présence de souris» dans l'établissement. Quelques mois plus tôt, d'ailleurs, un client de ce même restaurant avait trouvé… une souris morte sur la pizza pepperoni qui venait de lui être livrée. A l’époque, l’affaire avait remis en lumière le problème posé par la prolifération des rongeurs à Paris – un de nos sujets favoris, les lecteurs les plus assidus de ce blog ont dû le constater (sinon: relire ici, là, ou encore là). Pas plus tard qu’hier soir, on a repensé à cette anecdote. C’était dans un supermarché, plutôt propre, du boulevard Beaumarchais, cette grande artère, plutôt bourgeoise, qui sépare le onzième du troisième arrondissement. Supermarché dans lequel, retour du boulot, on s’achetait traquillement de quoi dîner, comme n'importe quel Parisien moyen.
Arrivé au rayon des fromages, on hésite un peu. Puis on se décide, et on plonge la main dans le rayon. A quelques centimètres à peine de nos doigts, on découvre alors, même pas pressées, même pas stressées, deux énormes souris furetant elles aussi tranquillement dans le rayon. Leurs moustaches frémissantes, leurs bouches – si l’on peut dire, s’agissant d’animaux – manifestement bien remplies. Bond en l’air, de surprise et de dégoût. Les rongeurs ne s’en formalisent guère. Ils poursuivent un moment leurs pérégrinations, puis s’en vont sans demander leur reste, via le circuit de refroidissement du frigo.
C’est une rencontre complètement anodine et qui n'a rien de dramatique, on en convient. Mais on en est pas encore revenu. A Paris, les rongeurs – en cette saison particulièrement, ou en général: pendant toute l'année? – sont-ils donc innombrables à ce point? Au point d’avoir envahi jusqu’aux magasins les mieux tenus? Si on en arrive à voir des rongeurs en train de paisiblement se goinfrer, en pleine heure d’affluence, dans les rayons de supermarché d’un quartier tout ce qu’il y a de plus correct, combien doit-on donc en trouver dans les bas fonds de la capitale? Dans les caves? Les passages souterrains? Les parkings? Les couloirs du métro? Les restos ou magasins pas très à cheval sur l’hygiène? Derrière les palissades des chantiers? Ou au fond des cours d’immeubles délabrés?
Hier soir, retour de notre supermarché aux souris, on s’est dit qu’on prendrait bien soin de ne pas passer des jours à enquêter sur ce volet de la réalité parisienne, de peur de faire des découvertes qui nous donneraient (un peu) moins envie de continuer à vivre dans cette ville. On n’a pas encore vraiment décidé, en revanche, si on retournerait ou non dans ce magasin. En attendant, hier, on n’y a pas acheté de fromage. On ne le sentait plus trop.
11:15 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, propreté
07.01.2010
Une caricature
Les soldes à Paris, depuis hier. Si vous comptez aller faire des emplettes au Forum des Halles, sachez tout de même que la direction de ce centre commercial a une vision des genres, masculin et féminin, qui renvoie à l’ère du dinosaure. Du style: une femme a d’office le shopping comme unique raison de vivre, un homme est forcément un plouc qui ne sait ni n’aime s’habiller.
Pour preuve, le nouveau service qu’à l’occasion de ces soldes, les Halles inaugurent à l’attention des mâles parisiens. Un peu comme ce qu’avait déjà fait, si on a bonne mémoire, l’un ou l’autre grand magasin de la capitale, il y a quelques années – mais, n’ayant jamais expérimenté ce service, on ne se souvient plus s’il s’agissait du Printemps Haussmann ou des Galeries Lafayette. Un «espace VIP spécialement aménagé» pour les hommes, donc. Où ces derniers pourront «goûter à l’ambiance des grands hôtels de luxe»: «barbier, cireur de chaussures et magazines pour lui». Grâce à ce nouvel espace, «cette année au Forum des Halles, on ne verra pas ces scènes redoutées: elle, qui dévalise les boutiques, et lui, porteur officiel ambulant, qui désespère en voyant la carte bleue virer au rouge». Du coup, «finis les soldes où Monsieur fait la tête et traîne des pieds». Place, pour les mâles, à «un monde de cocooning viril, aux grands airs de cercles masculins à l’ancienne», où tout a été mis en place «pour chouchouter l’Homme». Sous-entendu: ainsi, pendant que Monsieur sera occupé, Madame aura tout le loisir et le temps de s’éclater dans des achats sans doute puérils et compulsifs.
On ne va pas s'énerver pour si peu et si minable, mais c’est tellement cliché et caricatural comme vision des rôles masculin et féminin, c’est d’une telle ringardise comme concept commercial et comme communication qu’on se demande comment de telles âneries sont encore possibles en 2010. En France qui plus est, pays autoproclamé de la finesse et du bon goût.
PS: Notez que le communiqué de presse du Forum des Halles ne dit nulle part quels services sont proposés, dans le cadre de ce «cocooning viril», aux mecs qui 1) n’ont pas une pilosité nécessitant un barbier 2) n’ont pas besoin qu’on leur cire les pompes, parce qu’ils portent le plus souvent des Converse 3) s’ennuient à mourir en lisant des magazines «pour lui», qu’on imagine être des illustrés consacrés aux bagnoles, au bricolage ou à l’informatique.
11:05 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : femmes, folklore, economie, art de vivre, paris
06.01.2010
Un luxe
Aujourd'hui, un sujet certes très anecdotique mais qui est aussi pile poil dans l’actualité puisqu’il a trait à l’Epiphanie, que l’on fête ce mercredi à Paris comme partout ailleurs. Si ce n’est que, dans la capitale française particulièrement, les prix de la galette des rois, qu’il est de tradition de déguster aujourd’hui, ont, cette année, atteint des niveaux astronomiques.
Cela n’a pas manqué, ces derniers jours: on avait beau changer de boulangerie, à chaque fois qu’on poussait la porte de ce genre de commerce et qu’on jetait un coup d'oeil gourmand aux vitrines, on était estomaqué par les prix de ces fameuses galettes. A Paris, la part de galette des rois vaut en moyenne 3€, entendait-on ce matin sur une radio. Dans notre onzième arrondissement et dans le Marais voisin, pour ce qu’on a pu constater en tout cas, on dépasse largement cette fourchette de prix. Incroyable, le nombre de galettes, même pas si grandes, qui, aux devantures des boulangeries-pâtisseries de notre quartier, sont affichées à 30€ voire à plus de 40€! Et l’on ne parle même pas des galettes spéciales, version cerise ou pistache paraît-il, mais des galettes ordinaires. 30 ou 40€ pour un peu de beurre, quelques œufs, de la farine, de la crème d’amande et de la pâte feuilletée pour recouvrir le tout (sans oublier la fameuse fève, mais qui n’est tout de même pas censée être en or massif).
Une boulangère de notre cher quartier Saint-Sébastien avec qui on est un peu copain, à qui on parlait de cela l’autre jour, nous assurait que non, non, pas du tout, sa corporation ne s’en mettait pas plein les poches ces jours-ci à Paris, grâce à cette tradition gastronomique. Le prix en général élevé de ces galettes s’expliquerait par deux facteurs. Le cours élevé de certains ingrédients: le beurre singulièrement et surtout la crème d’amande. Et le travail particulier, proche de «l’artisanat», que représenterait la confection du feuilletage de ces gâteaux
Soit. Au moins ces prix prohibitifs auront-ils un avantage indéniable. Celui de conforter dans leur bonne résolution tous les Parisiens qui, en ce début d’année et après des réveillons souvent copieux, ont comme nous fait vœu de sobriété en matière de graisses et de sucre.
10:59 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : gastronomie, folklore, art de vivre, economie, paris
05.01.2010
Une disparition
Puisque, depuis le réveillon, on parle de fête dans ce blog, restons-y encore aujourd’hui. Et évoquons cette conséquence complètement paradoxale que pourrait avoir, à Paris, la récente décision gouvernementale d’harmoniser à 7 heures du matin l’heure de fermeture des discothèques. Dans la capitale française, à cause de cette réforme, les clubbers et autres fêtards pourraient bien devoir… rentrer se coucher plus tôt!
En cause? La disparition des «afters»: ces fêtes qui commencent au petit matin, lorsque les autres discothèques ferment leurs portes et leurs clients se mettent au lit. A ce moment, les adeptes des «afters», eux, recommencent à se trémousser joyeusement jusqu’à la fin de la matinée. Que deviendront les «afters» parisiens avec cette nouvelle réglementation fermant toutes les boîtes du pays à 7 heures du matin? Aucun arrêté particulier concernant ce sujet précis n’a, semble-t-il, encore été pris. Les exploitants de boîtes s’interrogent donc sur l’avenir de ce concept festif. Et des sites web adressés aux noctambules (ici, par exemple) annoncent d’ores et déjà que ces soirées «seront sûrement bientôt interdites» dans la Ville lumière.
Il faut relativiser les choses, semble-t-il. D’abord, à Paris, cette disparition des «afters» a déjà eu lieu. Au début des années 2000 dans la capitale française, le dimanche matin voire midi, on croisait fréquemment des fêtards en train de faire la queue devant les boîtes les plus à la mode, pour pouvoir entrer à leurs «afters». Le tout, sous l’œil médusé de riverains en route pour leur marché ou leur jogging dominical après, eux, une paisible nuit de sommeil. C'était d'ailleurs ce genre de rencontres qui rendait Paris assez drôle. A cette époque, aller danser le dimanche midi était presque plus trendy que le samedi soir. Dix ans plus tard, en revanche, il faut vraiment bien chercher pour trouver des établissements (ici, par exemple) ou des fêtes (là) qui sont clairement labellisés «after». La plupart des clubs de la capitale ferment leurs portes au plus tard à 6 heures du matin.
«A Paris, contrairement à d’autres capitales européennes comme Berlin par exemple, la grande époque des afters est révolue», nous confirme Eric Labbé, bon connaisseur de la nuit parisienne et un des initiateurs de la pétition contre l’endormissement de la capitale – pétition qui, mine de rien, va tout de même vers les 15.000 signatures. Cet essoufflement du concept des «afters» à Paris est peut-être lié à la croisade qu’ont menée pendant des années les autorités contre ce genre de soirées. A cause non pas tant des nuisances sonores qu’elles entraînent pour les riverains (les décibels sont moins gênants en matinée qu’en pleine nuit), mais de la réputation de hauts lieux de consommation de drogues qui a souvent collé à la peau des «afters». En ces années 2010, incontestablement, la mode à Paris est moins aux «afters» qu’aux «after work»: ces soirées en semaine qui commencent dès l’heure de sortie des bureaux, comme dans les séries télé américaines genre Ally McBeal.
Du reste, note notre interlocuteur, il n’est même pas sûr que ce texte sur l'heure de fermeture des boîtes entraîne la disparition des derniers «afters» de Paris. Aujourd’hui, en effet, ces soirées se déroulent souvent dans des établissements (bars de nuit, etc.) qui ne sont pas officiellement considérés comme des discothèques. Or, la réglementation concerne les lieux ayant l’exploitation d’une piste de danse comme activité principale. Dès lors, les clubbers parisiens accros d’«afters» pourraient bien continuer à danser jusqu’à la fin de la matinée – fiers représentants d’une espèce de noctambules quasiment en voie de disparition ici.
11:47 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, culture, art de vivre
04.01.2010
Un bug
Ce fut le premier bug de 2010 en France. Il a dû occuper pas mal de conversations de particuliers en ce début d’année. Mais, assez curieusement, les médias de ce pays, tout affairés à la célébration de l’année nouvelle, ne l'ont pas évoqué. On veut parler des cafouillages qu’a connus le réseau de téléphonie mobile hexagonal dans la nuit de jeudi à vendredi.
Déjà, notons que les opérateurs se sont lourdement trompés dans leurs prévisions. Quelques heures avant l’échéance fatidique, ils avaient amplement communiqué sur le fait qu’à l’occasion de la Saint-Sylvestre, les Français enverraient la bagatelle de 500 millions de SMS. Orange attendait 186 millions de messages, SFR 180 millions et Bouygues 126 millions. Le lendemain des festivités, ce chiffre magique du demi-milliard de textos nocturnes avait mystérieusement fondu comme neige au soleil. Finalement, expliquait-on le premier jour de l’an, 150 millions de SMS avaient été envoyés dans la nuit. Ce n’était pas mal – cela fait un rythme de 18.000 textos à la seconde entre minuit et une heure du matin –, mais on était tout de même loin du compte.
Ensuite et surtout, cette circulation de messages pourtant nettement moindre qu’attendue a manifestement grillé quelques circuits électroniques chez ces mêmes opérateurs. Nous, en tout cas, entre minuit et une heure du matin, le message qu’on a le plus souvent reçu était adressé par un mystérieux interlocuteur non-autrement identifié que sous le numéro d’appel 952. Et disait ceci: «En raison d’un problème technique, votre texto n’a pu être envoyé. Nous vous remercions de réessayer plus tard». Au vu du nombre de gens qui, depuis la Saint-Sylvestre, nous ont parlé d’une pareille mésaventure, ce bug téléphonique a touché pas mal de monde à Paris. Et encore ne parle-t-on pas des difficultés de communication qui ont pu/dû se poser dans le fin fond d’une France rurale où les zones blanches (où le portable ne passe pas du tout) ne sont jamais loin.
Tout cela n’est absolument pas grave, on est d’accord. Même avec quelques heures de retard, des vœux, s’ils sont sincères, sont toujours valables. Et, de toute manière, ce ne sont jamais que des vœux. Il n’en demeure pas moins que, jeudi soir en France, cinquième puissance économique mondiale s’il faut le rappeler, le réseau de téléphonie mobile n’a même pas été capable de gérer le simple flux d’envois si anodins de vœux de fin d’année – flux qui, pourtant, était nettement moindre qu’annoncé.
On ne sait pas trop si, électroniquement, il faut s’en inquiéter. Ou si, plus positivement, il faut plutôt regarder cet incident comme une invitation assez saine à l’humilité.
11:14 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : technologie, communication
31.12.2009
Un réveillon
A Paris une fois encore, ce 31 décembre, les policiers seront sur le qui-vive. Les autorités ont fait passer le mot en boucle dans les médias: c’est la «tolérance zéro» qui, plus que jamais, sera de mise. A l’échelle de l’agglomération, 7 900 policiers sont mobilisés, pour «garantir le plus haut degré de sécurité». Et comme à l’accoutumée, vers minuit, la mobilisation des forces de l’ordre sera maximale aux alentours des Champs-Elysées.
Il faut dire que le 31 décembre 2008, pas moins de 550 000 personnes avaient célébré l’arrivée de l’an neuf sur «la plus belle avenue du monde» (?). Et quelque 200 interpellations y avaient été dénombrées. Une marée humaine d’une ampleur similaire étant de nouveau attendue ce soir dans cette partie de la ville, la batterie de mesures de sécurité habituelles n’a pas manqué d’être reconduite par la préfecture de police de Paris.
Ainsi, dès 22 heures, les bouteilles en verre seront interdites sur la voie publique dans le secteur Champs-Élysées-Champs de Mars-Trocadéro ainsi que, au-delà, dans les beaux quartiers. Ceci pour éviter que ces récipients servent de projectiles contre les forces de l’ordre ou d’armes lors d’échauffourées entre fêtards excités. Avis aux amateurs: la préfecture signale qu’«aucune restriction (ne frappera) les prévoyants qui auront transvasé le champagne dans des bouteilles en plastique». Aucune restriction «si ce n’est le respect de l’ordre public… » (Appréciez le sous-entendu de ces points de suspension figurant dans le communiqué officiel) Dans ces secteurs, sera également interdite toute vente d’alcool à emporter. Pas question non plus, théoriquement, de faire sauter des pétards ni de tirer des feux d’artifices, et ce «jusqu’au lever du jour». Est pareillement prohibée la «vente au détail de produits pétroliers dans tout récipient». Pour éviter qu’ils soient utilisés comme «produits incendiaires contre les forces de l'ordre et les services publics intervenant à l'occasion de la nuit de la Saint-Sylvestre». Ou comme cocktails-molotov contre «des biens, en particulier des véhicules et des bâtiments publics».
L’an dernier, de semblables interdictions n’avaient pas empêché, à l’échelle du pays, «un bilan de la Saint-Sylvestre 2008 catastrophique», comme s’en est souvenu le PS hier. Quelque «1147 voitures parties en fumée, un résultat très nettement supérieur à celui de l'année précédente (878) et comparable aux nuits les plus tendues de la crise des banlieues de 2005». Le PS (ici) somme le gouvernement de faire preuve, cette année, de «transparence» sur l’étendue des déprédations qu’on ne manquera sans doute pas de déplorer à nouveau cette nuit. L’an dernier, il faut dire, les autorités avaient quelque peu tardé et cafouillé dans leur communication autour du bilan sécuritaire du 31 décembre.
Cette année, connaîtra-t-on le bilan des dégâts dès ce week-end? On est curieux de voir cela.
PS: Champagne ou pas, bouteille en verre ou gobelet en plastique à la main, sur les Champs-Elysées ou ailleurs, en France, en Belgique ou plus loin, que les lignes si sécuritaires qui précèdent ne vous empêchent pas de passer, lecteurs et lectrices de «Paris Libre», un excellent réveillon et une belle année 2010! Merci de nous avoir lu en 2009 encore. Et même de plus en plus nombreux, si l’on en croit les petits compteurs de l’électronique. Depuis sa création, il y aura bientôt quatre ans déjà, ce blog se situait dans l’étiage des 5000 visites mensuelles. Il y a quelques mois, sans que l’on sache trop pourquoi, on a franchi la barre des 6000. Et, en ce mois de décembre, a-t-on constaté ce matin, on a largement dépassé celle des 7000. Du coup, on a pris comme première bonne résolution de nouvelle année d’essayer de poursuivre «Paris Libre», encore une année supplémentaire en tout cas. On espère que, malgré le peu de temps qu’on peut y consacrer quotidiennement, cela vous plaira. En attendant, bonne fête donc, et bon amusement à toutes et tous.
13:09 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sécurité, art de vivre, paris
30.12.2009
Un voeu pieux?
Les Français peuvent désormais se laisser entraîner jusqu’«au bout de la nuit » par «les démons de minuit». Comme le chantait le groupe Images – «J'veux un disque/De Funky Music/Il faut que ça danse/J'aime cette fille/Sur talons-aiguilles/Qui se déhanche»; monument s’il en est d’une certaine culture hexagonale que cette ritournelle. Jusqu’au bout de la nuit car, on l’a appris lundi, on peut dorénavant danser jusqu’à 7 heures du matin dans les discothèques de France. Le gouvernement, en effet, vient de satisfaire une revendication vieille de trente ans des exploitants de boîtes de nuit. Jusqu’à présent, l’heure de fermeture de ces lieux variait selon le département.
Le monde de la nuit est ravi (lire ici) de cette harmonisation. Qui, selon lui, a notamment un intérêt en termes de sécurité routière. En effet, elle pourrait limiter «le nomadisme»: le fait, pour les clients de discothèques fermant avant d’autres, de prendre leur voiture et de se ruer vers des établissements eux ouverts plus tard, situés dans des départements voisins voire dans des pays voisins – on connaît bien cela à la frontière franco-belge. Cette transhumance festive nocturne étant souvent alcoolisée, elle entraîne nombre d’accidents de la route. «Qui plus est, à 7h du matin, les clients pourront utiliser les transports en commun», ajoutent les patrons de de boîtes de nuit. Enfin, le gouvernement a généralisé l’«heure blanche». Une heure et demie même, de 5h30 à 7h du mat’ précisément: pendant ce temps, aucune boisson alcoolisée ne pourra être servie aux clients des discothèques, ce qui leur permettra d’un peu dessoûler avant de reprendre le volant.
Laisser danser jusqu'au petit matin en boîte de nuit permettra-t-il donc de sauver des vies? Depuis lundi, dès que cet argument avait été brandi, on était assez sceptique. Il faut vraiment ne jamais être sorti un dimanche à 7h du mat' d'une boîte de nuit située le long d’une route départementale pour prétendre qu’on y trouve aisément des bus. Et, un fêtard motorisé mort bourré à 5h30 n’aura pas assez dessoûlé 1h30 plus tard pour pouvoir prendre le volant en toute sécurité. Depuis ce matin, on se demande encore un peu plus si cet argument sécuritaire ne relève pas tout simplement du vœu pieux. En effet, selon un sondage réalisé pour la Prévention routière, et dont les résultats ont été rendus publics ce mercredi, 90% des Français comptent boire de l’alcool lors du réveillon de la Saint-Sylvestre, demain soir. Mais, interrogés sur la manière dont ils vont gérer cette consommation avec l'utilisation d'une voiture cette même nuit, 51% des Français répondent spontanément qu’ils n’ont pas pris de disposition particulière. Seul un Français sur trois connaît le temps nécessaire à l'élimination du taux d'alcool dans le sang (au moins 1 à 2 heures par verre consommé). Et un sondé sur quatre considère qu’«une certaine tolérance» doit être de mise dans les contrôles routiers en termes d’alcoolémie.
Vu ces chiffres, la nuit du 31 risque d’être assez catastrophique en termes de conduite automobile alcoolisée et donc d’accidents de la route. Ce serait d’ailleurs, malheureusement, dans le droit fil de l’évolution constatée ces derniers mois. Les autorités, en effet, s’attendent à ce que 2009 soit une mauvaise année: le seuil fatidique des 4000 morts sur la route pourrait de nouveau être dépassé.
11:06 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sécurité, gouvernement, transports, art de vivre



